Rencontre avec Nissim MEYER - Le magicien diamantaire
|
 |
|
Joanna AMAR |
Diamant

De retour en Israël depuis plus de 10 ans, Nissim Bernard MEYER, gemmologue
et membre de la Bourse du diamant de Ramat Gan, nous fait découvrir un secteur
novateur high-tech du diamant. Cette technologie peu connue en Europe, bénéficie
d’une véritable envolée outre-Atlantique et en Asie; Israël en est le leader.
D’origine marseillaise, il devient Israélien en 1980, et achève son service
militaire en 82. A ce moment, Nissim MEYER décide d’entreprendre des études de
Gemmologie à « l’Asian Institute of Gemmological Sciences » (études des pierres
précieuses) à Bangkok en Thaïlande, pays réputé comme étant centre de taille et
négociation de pierres précieuses. Les mines de pierres sont très importantes
dans cette région du globe. Nissim MEYER y découvre étudie et développe sa
passion.
Après l’obtention de son diplôme, il se retrouve en Australie où il continuera
et deviendra expert diplômé auprès du gouvernement australien. A la suite d’un
passage en France, en tant que négociant en pierres précieuses et diamants, il
réalise en 2002 son Alya en Israël et en famille. Il continuera à y mettre en
pratique ses années d’expériences et de découvertes en intégrant la salle des
marchés de la Bourse du diamant pour en devenir membre. Fort de son expérience
internationale, ses contacts, sa connaissance du brut, Nissim MEYER a pu
réaliser des pièces prestigieuses, où chaque diamant se ressemble à l’image de
ce collier qui comprend 99 diamants identiques en qualité.

Lors d’une interview à la Bourse du diamant le 12 Juin 2013: Nissim MEYER
décrit la Bourse du diamant comme « un Etat dans un Etat », un monde magique
avec ses codes, ses réglementations et ses barrières de sécurité. C’est un
endroit extrêmement prestigieux et confidentiel. Composée de 4 immeubles
interconnectés entre eux avec à peu près 2 000 bureaux de diamantaires, une
salle des marchés pouvant contenir jusqu’à 1 500 personnes (la plus grande salle
des marchés de la Fédération des bourses de diamant au monde dont il est
membre), où s’effectue les transactions, il s’agit du point de rencontre des
membres de la bourse.

Israël prend son envol pendant la seconde guerre mondiale, et nombres de
tailleurs de diamants se sont manifestés bien avant la création de son Etat :
premier essor de la Bourse du diamant à Ramat Gan. De cette façon, les gros
diamants resteront la « propriété artisanale » des tailleurs israéliens et leur
savoir-faire en fait d’Israël un leader sur les grosses pierres.

En tant que diamantaire gemmologue et passionné de pierres précieuses, Nissim
MEYER nous dévoile au sein même de son activité de diamantaire un autre univers
aux aspects technologiques et innovateurs à la frontière de la magie et de
l’alchimie. Cette « niche » est pour l’instant en voie de développement et
commercialisée à partir de la Bourse du diamant d’Israël principalement.
Il fut attiré par une sphère particulière et beaucoup plus fermée qui représente
aujourd’hui une partie non négligeable de son chiffre d’affaires : les
techniques d’améliorations du diamant.
Il tente de nous expliquer l’amélioration de la pureté:
Le laser drilled : une intervention par perforation au laser. Il s’agit
d’éliminer un point noir dans le diamant. Cette technique, non sans risques doit
être accomplie par des spécialistes expérimentés.
La technique de remplissage des fractures : pratiquée dans le but d’améliorer le
degré de pureté du diamant. S’applique sur des diamants présentant des fêlures à
la surface de la pierre.
Ces deux premières méthodes peuvent s’assembler.
Quant à l’amélioration de la couleur :
Il s’agit de transformer la couleur de la pierre par des couleurs difficiles à
obtenir et à trouver dans la nature comme le bleu azur, le vert et le jaune
canari.

Une analyse en usine est effectuée. Il s’agit d’améliorer les couleurs par
procédés électroniques.
Le HP-HT : La Haute Pression – Haute Température est un processus naturel qui
recrée les conditions du diamant quand il était dans la lave au fin fond de la
terre où il subissait des grosses pressions. Parfois le diamant peut se casser,
bien que les risques soient au préalable bien calculés. Ce traitement impose que
le diamant n’ait pas de problème de pureté : il ne faut pas qu’il y ait des
cracks ou la pression pourrait fragiliser le diamant.
Nissim MEYER, devient spécialiste par combinaison de techniques et évolue
comme le seul et exclusif producteur d’une couleur : l’acqua.

On pourrait comparer cet assemblage inattendu à la production des bonbons
“les bêtises de Cambrai”: fruit d’une combinaison d’un confiseur qui aurait mal
dosé le sucre et la menthe et aurait insufflé de l’air dans la pâte par
inadvertance. Et ce qui fut au final un véritable succès.
C’est enfin lors d’un numéro hebdo sur Guysen TV, que la question de l’avenir
du diamant a été posée à Nissim MEYER puisqu’en 2027 la production des mines
actuelles va baisser. Il répond avec tant de conviction, de tendresse et de
générosité : « Tant qu’il y aura des mariages, des fiançailles et des gens qui
s’aiment, la consommation de diamants existera ». C’est là que tient tout le
pari du devenir du diamant …
retour
|